Norme VZE Un maintien nécessaire, mais des assouplissements préoccupants

Un maintien nécessaire, mais des assouplissements préoccupants

Publié le 19 août 2026Communiqué
Norme VZE  Un maintien nécessaire, mais des assouplissements préoccupants

Montréal, le 19 août 2026 — Propulsion Québec, la grappe industrielle des transports zéro émission, prend acte de l’adoption du nouveau cadre réglementaire visant à assouplir la norme véhicules zéro émission (VZE), dont la cible est désormais fixée à 80 % des ventes de VZE d’ici 2035. Propulsion Québec demeure convaincue de la nécessité d’une norme VZE au Québec et accueille avec déception les changements apportés au nouveau cadre réglementaire, particulièrement l’affaiblissement des cibles d’électrification intérimaires et l’inclusion temporaire et rétroactive des véhicules hybrides non branchables au système de crédits.  

 « Le Québec s’est imposé comme le chef de file canadien en matière d’électrification des transports grâce à des politiques ambitieuses, dont la norme VZE. La norme, adoptée en 2016, a permis d’offrir un plus grand choix de véhicules électriques abordables aux consommateurs et de donner à l’industrie la prévisibilité nécessaire pour investir. Nous craignons toutefois que les assouplissements annoncés viennent miner cette dynamique en plus de représenter des coûts économiques, sociaux et environnementaux importants. »

Une révision qui a un coût  

Selon l’analyse d’impact réglementaire réalisée par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, les changements apportés à la norme VZE entraîneront des coûts nets estimés à 17 milliards de dollars pour l’ensemble de la société québécoise, dont plus 10 milliards de dollars assumés par les consommateurs étant donné l’augmentation des coûts énergétiques. À l’inverse, les assouplissements bénéficieront principalement aux constructeurs automobiles et à l’industrie pétrolière1. Ces coûts sont considérables et doivent être pris au sérieux.  

 

Afin de limiter les impacts, de maintenir un rythme soutenu d’électrification des transports et d’assurer un accès croissant de véhicules électriques (VÉ) pour les consommateurs, Propulsion Québec aurait souhaité que le gouvernement adopte des cibles intérimaires plus ambitieuses. Une telle approche aurait permis de préserver le caractère incitatif de la norme. Les cibles établies jusqu’en 2030 risquent de ne pas répondre à la demande croissante des consommateurs, dans un contexte où l’intérêt pour les véhicules électriques demeure bien présent et que près d’un automobiliste québécois sur deux qui ne possède pas de VÉ a l’intention d’en acheter un2. Cette tendance se reflète également dans l’augmentation marquée des immatriculations avec une augmentation de près de 20 % au deuxième trimestre de 2026 par rapport à 20253

 

La grappe est aussi préoccupée par l’ouverture de la norme aux véhicules hybrides non branchables. Ces véhicules fonctionnent principalement à l’essence et ne contribuent pas au développement du réseau de recharge. Si l’objectif de la norme est d’accélérer l’électrification, il est primordial de favoriser les technologies qui permettent de réduire durablement la dépendance aux combustibles fossiles. Les véhicules hybrides branchables offrent suffisamment de flexibilité, notamment dans les régions éloignées. Ainsi, l’intégration des véhicules hybrides non branchables n’est pas justifiée.  

 

« Chaque année, les Québécois dépensent des milliards de dollars pour importer du pétrole afin d’alimenter leurs véhicules, alors que nous produisons ici une électricité propre, abordable et renouvelable. Les Québécois souhaitent par ailleurs avoir un meilleur accès à des véhicules électriques abordables, mais les véhicules à essence occupent encore une place prédominante sur le marché. La norme VZE doit justement contribuer à élargir ce choix, tout en remplaçant progressivement les importations de pétrole par une énergie produite au Québec.  

 

Le maintien de la norme est nécessaire au Québec et celle-ci doit être suffisamment ambitieuse pour accélérer cette transition, offrir davantage de choix aux consommateurs et préserver le leadership du Québec dans l’électrification des transports. Nous invitons le gouvernement à suivre de près l’évolution du marché et à renforcer la norme », conclut Alexis Laprés-Paradis. 

À propos de Propulsion Québec 

La grappe industrielle des transports électriques et intelligents du Québec est un organisme à but non lucratif qui a pour mission d’accélérer la croissance de l’industrie québécoise des transports terrestres zéro émission et renforcer sa compétitivité internationale. Elle a été créée en 2017 et compte aujourd’hui plus de 200 membres organisations de l’écosystème des TEI qu’elle représente et mobilise autour d’initiatives. Propulsion Québec concentre actuellement ses initiatives autour de trois filières : les véhicules zéro émission, la recharge et la batterie. La grappe bénéficie de l’appui financier du gouvernement du Québec, du gouvernement du Canada, de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), de Fasken et d’Hydro-Québec et du Fonds FTQ.

https://fr.linkedin.com/company/propulsion-quebec  

Pour plus d'informations

Lydia Belmahdi

Lydia Belmahdi

Analyste, affaires publiques

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