Les marchés publics, moteur critique de la relance économique

par Propulsion Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
Les marchés publics, moteur critique de la relance économique

Les marchés publics sont considérés de par le monde comme un important levier économique pour les gouvernements. En effet, bien qu’ils soient axés sur l’obtention du meilleur rapport qualité-prix, d’importantes sommes d’argent sont en jeu. Les dépenses attribuées aux marchés publics correspondent en moyenne à 12 % du PIB des pays de l’OCDE et à 13,44 % du PIB au Canada.

Selon les statistiques du Secrétariat du Conseil du trésor[1], entre 2017 et 2018, les contrats de plus de 25 000 $ attribués par les organismes publics du Québec représenteraient près de 12 milliards de dollars, soit 2,76 % du PIB[2]. La majorité de ces contrats (76 %) ont été conclus à la suite d’un appel d’offres public.

La crise qui a touché de plein fouet le Québec et le reste du monde ces derniers mois a eu des conséquences sans précédent sur l’activité économique. Dans ce contexte, la réflexion sur le rôle stratégique des marchés publics et des politiques d’approvisionnement publiques devient incontournable, car ils peuvent apporter un soutien conjoncturel à l’économie d’après-crise et permettre d’obtenir des actifs en retour.

Soutenir les PME pour viser la croissance

Dans un tissu économique composé de 99,7 % de PME[3], les marchés publics peuvent être un important levier de croissance pour la relance. Sauf qu’en pratique, les PME font face à d’importantes difficultés et contraintes sur les marchés publics, comme la taille des contrats, l’accès à l’information pertinente, les délais de soumission, les paiements en temps ou encore le poids du fardeau administratif[4].

Bien que certaines initiatives au Québec tentent de résoudre ces enjeux, plusieurs obstacles à la compétitivité des entreprises locales demeurent présents. C’est ce qu’a mis à jour l’étude menée en 2019 par Propulsion Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, intitulée Positionner le Québec et sa métropole comme leaders des transports électriques intelligents. Celle-ci a mis en évidence les atouts stratégiques de la province dans le secteur des transports électriques et intelligents (TÉI), et soulignait les défis et enjeux qui compromettent son déploiement, notamment sur le plan de l’ambition des politiques publiques, de la flexibilité et de l’ouverture aux innovations du cadre législatif.

Pour une relance verte, résiliente et durable

Un an plus tard, la crise de la COVID-19 a soulevé pour de nombreux acteurs l’importance d’amorcer une relance tenant compte des exigences de lutte contre le changement climatique, et de soutenir l’innovation dans des secteurs porteurs comme celui des transports électriques et intelligents (TÉI).

La réflexion sur le rôle stratégique des marchés publics prend toute son importance dans ce contexte, non seulement pour faire face aux défis – notamment logistiques – de la pandémie, mais aussi pour démontrer le rôle critique de ces marchés comme moteur de la relance de l’économie québécoise.

Le moment est d’autant plus propice pour envisager un nouveau Québec, à la pointe de l’innovation, résilient, durable et social. L’approvisionnement public pourrait ainsi être un outil important pour lutter contre les changements climatiques, notamment en favorisant des solutions qui contribuent à la réduction des émissions de GES.

La Chambre et Propulsion Québec dévoileront, lors d’un événement virtuel le 3 septembre prochain, une nouvelle étude sur le rôle stratégique des marchés publics dans le développement économique et dans le renforcement de l’innovation au Québec. Les solutions les plus appropriées pour le contexte québécois sont approfondies et font l’objet de recommandations.

Cette étude est de portée générale, avec un accent particulier sur les enjeux des transports électriques et intelligents. C’est d’ailleurs sur ce secteur que portera notre prochain billet de blogue qui traitera de l’importance du secteur des TÉI dans l’économie du Québec et du rôle qu’il jouera dans la relance post-COVID-19.

[1] https://www.tresor.gouv.qc.ca/fileadmin/PDF/faire_affaire_avec_etat/Rapport_statistiques_1718.pdf

[2] https://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/economie/comptes-economiques/comptes-revenus-depenses/comptes-revenus-depenses-2019.pdf

[3] https://www.ic.gc.ca/eic/site/061.nsf/fra/h_03090.html#point1-2

[4] https://cirano.qc.ca/files/publications/2009RP-02.pdf, page 81


Ce texte a déjà été publié sur le blogue de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.