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L’avenir des transports : ramener le ferroviaire sur la voie rapide

Comme tout le monde, je commencerai cette courte lettre avec « dans la dernière année »…

… La formule commence à être redondante, mais elle est de mise. « Dans la dernière année », j’ai été sincèrement impressionné par la capacité de collaboration dont nous avons fait preuve. Nous avons mené une guerre totale dans un esprit de collaboration sans précédent.

En bon optimiste que je suis, c’est le constat qui me revient toujours à l’esprit quand je repense à ce que nous avons vécu dans les 20 derniers mois, et quand je pense à l’avenir.

Cependant, nous ne pouvons ignorer les effets collatéraux de la crise, dont l’impact sur les réseaux de transports collectifs. La baisse d’achalandage des réseaux publics, notamment des réseaux ferroviaires, a été dramatique.

L’avenir rapproché nécessitera de retrouver le niveau de collaboration que nous avons découvert pour nous attaquer à l’un des rares enjeux qui n’a pas changé dans la dernière année : la lutte contre les changements climatiques, et la nécessité de donner un virage à notre économie, pour cheminer vers un modèle plus durable, plus sobre en carbone.

Pour relever ce défi, nous devrons nécessairement renouer avec le transport collectif, mais surtout, rééquilibrer l’offre de transports au pays, dominée outrageusement par l’automobile et l’avion, et miser sur un mode de transport largement plus écologique : le transport ferroviaire.

Retour vers le futur, à bord du train
S’il y a encore des sceptiques quant à l’importance d’assurer la transition de notre économie en faveur d’une structure plus durable, un survol rapide des données devrait suffire : au Canada, le secteur des transports compte pour 23 % de toutes les émissions de GES du pays. Au Québec, il est responsable de près de 45 % des émissions.

Le transport ferroviaire émet en moyenne 3 à 4 fois moins de GES que le camion ou l’autobus thermique pour déplacer le même volume de marchandise ou le même nombre de personnes.

Autrement dit, chaque fois qu’une marchandise passe de la route au rail, et chaque fois qu’un citoyen troque sa voiture pour le train, c’est une victoire pour notre lutte collective contre les changements climatiques.

Le paradigme de la qualité en transport
À ce jour, on évalue généralement la qualité d’un service de transport en fonction de quatre critères : sa fiabilité en termes de ponctualité et de fréquence, sa vitesse, son confort et sa sécurité. C’est ce qui fait qu’une voiture neuve est plus intéressante pour se déplacer qu’un service d’autobus qui n’arrive pas à l’heure, qui roule sur des routes cahoteuses et qui reste coincé dans le trafic.

Avec la transition vers une économie plus durable, on doit ajuster notre paradigme de qualité et considérer le coût écologique des solutions. C’est ce qui nous permettra d’évaluer la réelle valeur des services de transports, et incidemment, de ramener le rail à l’avant-plan de l’éventail de services dont nous disposons.

Bref, une fois que l’on considère l’empreinte écologique des modes de transports, les transports en commun, et surtout les systèmes structurants qui favorisent l’aménagement durable du territoire, sont infiniment plus avantageux.

Les gouvernements de partout au Canada doivent donc revenir au rail. Et ils doivent se mettre en marche rapidement.

Accélérer le développement de nos réseaux

Les municipalités doivent agir maintenant, notamment pour profiter du Fonds pour le transport en commun à zéro émission mis en place par le gouvernement fédéral. La planification, la construction et la mise en service d’un réseau de transport structurant prennent plusieurs années. Nous serons très rapidement arrivés en 2030. L’atteinte de nos objectifs environnementaux ne se fera que si nous agissons dès aujourd’hui.

À l’image de ce qui s’est fait dans les années 1970 pour la construction d’autoroutes et de viaducs, notre génération doit être celle de la construction de trains de passagers et de réseaux modernes qui permettront de transporter les Canadiens dans la plus grande efficience environnementale. Le transport ferroviaire est la clé pour assurer cette transition.

Bien sûr, la pandémie a causé une perte significative d’achalandage. Mais il est à prévoir que l’urbanisation, la croissance démographique et la lutte aux changements climatiques vont tripler la demande de transport collectif, au cours des 30 prochaines années, passant de 44 trillions à 122 trillions de kilomètres passagers.

Pour donner l’impulsion nécessaire au décollage d’un chantier social de cette envergure, les gouvernements doivent miser sur les partenariats publics-privés. Des associations de ce type permettront de canaliser l’immense potentiel du capital privé dans la réalisation de projets d’infrastructures dont des communautés entières pourront bénéficier.

Prêt à l’action

Sur ce champ de bataille, Siemens Mobilité Canada vient justement de donner une puissante impulsion dans l’industrie des transports ferroviaires canadiens, en complétant l’acquisition de l’entreprise canadienne RailTerm le 2 juillet 2021. Leader nord-américaine en matière d’entretien, de contrôle et de surveillance de systèmes et réseaux ferroviaires, cette entreprise fait partie des héros de l’ombre qui rendent nos réseaux ferroviaires fiables et efficaces.

Nous sommes très heureux de concrétiser ce mariage et d’allier la puissance des technologies de Siemens Mobilité avec l’expérience terrain et la grande connaissance du réseau ferroviaire canadien que l’on retrouve chez RailTerm. Cela nous permettra d’offrir aux Canadiens des systèmes ferroviaires plus fiables, plus sécuritaires, et plus disponibles que jamais.

Surtout, nous serons d’attaque pour construire des infrastructures aux quatre coins du pays et pour contribuer à la transition, et ramener notre société sur la bonne voie, celle du transport ferroviaire.


Auteur :
Yves Desjardins Siciliano, Président-directeur général, Siemens Mobilité Canada