Alto Design a des idées plein la tête

Marc-André Coutu est l’un des trois associés d’Alto Design, une firme de design de produits basée à Montréal. Il y est vice-président des opération et responsable du développement des affaires dans le secteur des transports.

par Atelier 10
Alto Design a des idées plein la tête

Parlez-nous de votre entreprise et des services qu’elle offre.

Chez Alto Design, on travaille en étroite collaboration avec nos clients, quel que soit leur secteur d’activité, afin de créer des produits et des expériences d’exception.

Notre équipe multidisciplinaire s’attarde tout d’abord à construire des parcours clients, c’est-à-dire à recréer des contextes pour réussir à imaginer et à comprendre les besoins des utilisateurs afin d’en dégager des opportunités. Notre expertise s’exerce donc autant en tenant compte des procédés de fabrication que de l’esthétique et du côté fonctionnel d’un service ou d’un produit.

Dans le secteur des transports, qu’il soit question de mobilité intelligente ou de véhicules électriques, on se concentre principalement sur le design d’habillage intérieur et extérieur des véhicules. On travaille aussi sur les équipements en périphérie des véhicules afin de rendre le tout cohésif, en collaboration avec les partenaires du milieu.

Qu’est-ce que ça prend, en matière de qualification, pour développer le design de choses qui n’existent pas encore?

C’est une bonne question! La réponse est: une équipe multidisciplinaire et une excellente méthodologie. Il faut réunir plusieurs éléments pour arriver à se mettre dans la peau des utilisateurs, présents et futurs. Nous avons donc des ingénieurs mécaniques, des techniciens, des experts UX, des designers graphiques, des designers industriels, des maquettistes, etc. On se doit d’être capable de pressentir ce dont Charles, comptable fictif qui habite à Boucherville et qui travaille au centre-ville de Montréal, aura besoin pour ses déplacements intelligents dans 20 ans. Une telle projection dans le futur prend des forces dans plusieurs domaines et beaucoup d’imagination.

En quoi le design est-il important dans la conception des véhicules électriques et des véhicules intelligents?

Le design, c’est ce qui peut faire la différence entre une expérience agréable ou pénible pour un utilisateur. De cette expérience dépend donc l’adoption d’un nouveau produit ou service. Les fabricants de véhicules ont des critères très précis pour définir la performance du châssis roulant et de ses systèmes technologiques. Nous, les designers, on se penche sur tout le reste.

Un autobus n’a pas la même fonction qu’une navette, un véhicule d’autopartage ou une voiture personnelle. Dans chacun de ces transports, l’expérience des gens diffère complètement. Le design intérieur doit donc tenir compte des particularités tout en s’assurant que chaque élément de design s’intègre tout naturellement à la fonction d’un transport donné.

Et notre implication est beaucoup plus grande que ça. En plus de réfléchir à l’expérience client dans le véhicule, il faut aussi penser, et c’est extrêmement important, au design urbain. Par exemple, on doit réfléchir à l’intégration optimale des bonnes bornes de recharge et s’assurer qu’elles sont situées aux bons endroits, on doit prévoir adapter les infrastructures municipales comme les stationnements, etc. Pour faire en sorte que de tels changements se fassent de façon intelligente, il faut travailler avec tous les intervenants.

Pour les véhicules électriques et intelligents, quels défis sont encore à relever en matière de design?

Lorsqu’on parle de mobilité intelligente, cela sous-entend l’utilisation de mégas-données et d’intelligence artificielle par des systèmes informatiques de gestion de circulation et par les systèmes embarqués des véhicules. Cette technologie et sa complexité doit cependant rester transparente pour l’utilisateur. Nous travaillons donc très fort pour que les produits et les interfaces que l’on met à la disposition des utilisateurs restent simples!

Les véhicules intelligents serviront, souhaitons-le, au transport en commun. Il faut alors réfléchir à la façon dont les « Charles de Boucherville » utiliseront ces services pour se déplacer. Il est à parier qu’il faudra prévoir des manières pour permettre aux gens de travailler lors de leurs déplacements, par exemple.

En ce qui concerne l’électrification des transports, le défi perpétuel est l’engagement réel et concret des gouvernements dans la transition. Sans leur apport, les choses bougent beaucoup moins vite!

Quelles sont vos priorités pour les prochaines années?

D’abord, il faudra bâtir une cohésion entre tous les éléments de l’écosystème du transport électrique et intelligent, que ce soit d’un point de vue des produits physiques ou des interfaces logicielles. L’expérience de l’utilisateur doit être intuitive, agréable et positive. Les gens vont toujours aller vers la solution la plus facile pour se déplacer. Si on veut que le transport en commun devienne un automatisme, il faudra s’assurer qu’il n’y ait pas d’embuches pour les utilisateurs. Cela implique plusieurs choses : des produits et services bien pensés et fonctionnels, des infrastructures bien adaptées, mais aussi une application mobile efficace et fiable, etc.

Il faudra aussi se pencher sur les infrastructures, municipales et autres, qui devront supporter un parc de plus en plus important de véhicules électriques et intelligents. Il sera essentiel de maximiser l’utilisation de l’espace et des produits et services pour rendre l’utilisation de ces véhicules plus intéressante que celle des véhicules traditionnels.

Finalement, il faudra continuer à maximiser l’apport du design industriel ainsi que l’utilisation des outils d’innovation pour le développement des produits et des services de mobilité électrique et intelligente.

Au cours des prochaines décennies, c’est le concept même de la voiture qui va devoir changer. Quand on y réfléchit, c’est assez ridicule que toutes ces voitures demeurent stationnées toute la journée pendant que nous sommes occupés ailleurs! Jusqu’à aujourd’hui, on considère la voiture comme un bien personnel et même, très souvent, comme un gage de notre réussite. Dans vingt ans, il faudra la voir comme un bien commun. Il y a encore pas mal de chemin à faire avant d’en arriver à ça!

 

 

 

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